Cittaslow : les principes de la Charte d’Orvieto

Extrait de la charte : le document complet qui peut être communiqué sur demande comprend les statuts de l’association et un règlement de fonctionnement. Cette charte est accompagnée d’une grille d’analyse et d’évaluation que les villes candidates doivent étudier en fonction de leur situation ; cette grille sert à évaluer l’état de la commune et les actions à réaliser pour rejoindre les critères d’excellence de Cittaslow. A la lecture de ces documents, on comprend aisément l’enjeu de ce label : une collectivité (au sens de tous ses habitants permanents ou temporaires) soucieuse de qualité environnementale, de lien social, de valoriser aussi bien ses racines et son histoire que de prendre en compte les technologies les plus actuelles si elles concourent au bien-être de tous, et enfin la coopération et la solidarité internationales…  

Pas de repli sur le passé, pas de repli sur soi, mais la prise en compte d’hier, d’aujourd’hui, pour un demain “vivable”… 

CHARTE CONSTITUTIVE

Le développement des communautés locales se fonde, entre autres, sur la capacité de celles-ci à reconnaître et à partager leur spécificité, à retrouver leur propre identité, visible à l’extérieur et profondément vécue à l’intérieur.

Même s’il fournit de grandes opportunités d’échanges et de diffusion, le phénomène de la mondialisation tend à aplatir les différences et à masquer les particularités et la singularité de chaque contexte, proposant des modèles médians qui n’appartiennent à personne et qui, inévitablement, génèrent de la médiocrité.

Cependant, on assiste un peu partout à une demande croissante de nouvelles solutions, axées sur la recherche et la diffusion de l’excellence, conçue non pas comme un phénomène élitiste mais comme un fait culturel qui, en tant que tel, est universel.

D’où le succès de tous ceux qui se sont concentrés sur une spécificité et l’on faite connaître au monde entier.

Ainsi Slow Food, qui a fondé son succès et sa diffusion internationale sur la recherche d’une authentique qualité de vie, à partir de la valeur du goût, et les villes qui se sont distinguées dans cette voie forment le réseau international des Città Slow. Des villes qui décident, ensemble, de mener des expériences communes selon un code collectif de comportements concrets et vérifiables, appliquant les valeurs de la bonne table à la qualité de l’accueil, des services et du tissu urbain.

Les Città Slow s’engagent à prendre un ensemble de mesures, dont on vérifiera périodiquement si elles ont bien été respectées. Le contrôle, effectué de manière homogène, concerne toutes les villes adhérentes, dans tous les pays et sur tous les continents.

Les Città Slow sont des villes où :

  • on applique une politique environnementale vouée à préserver et à développer les caractéristiques du territoire et du tissu urbain, en privilégiant notamment les techniques de la récupération et de la réutilisation ;
  • on applique une politique infrastructurelle qui vise à valoriser le territoire et non pas à l’occuper ;
  • on promeut une utilisation des technologies visant à améliorer la qualité de l’environnement et du tissu urbain ;
  • on encourage la production et l’utilisation de produits alimentaires obtenus par des procédés naturels et éco-compatibles, excluant les produits transgéniques, et créant, si nécessaire, des comités pour la sauvegarde et le développement des productions typiques menacées ;
  • on sauvegarde les productions autochtones enracinées dans la culture et les traditions et qui contribuent à la caractérisation du territoire, en en préservant les lieux et les modes de production, et en facilitant le contact direct entre consommateurs et producteurs de qualité, grâce à des occasions de rencontres et des espaces privilégiés ;
  • on promeut les valeurs de l’hospitalité, comme moment privilégié de liens et d’échanges avec la communauté dans ses spécificités, abolissant les obstacles physiques et culturels qui entravent l’utilisation pleine et partagée des ressources de la ville ;
  • on promeut la culture de la lenteur afin que l’ensemble de la communauté, et pas seulement les acteurs, aient pleinement conscience de vivre dans une Città Slow, en prêtant notamment une attention particulière au monde des jeunes et de l’école, à travers l’introduction systématique de l’éducation au goût.

Les villes qui adhèreront au mouvement s’engagent :

    • à promouvoir les initiatives des Città Slow et à rendre publiques les initiatives adoptées pour atteindre les objectifs du mouvement ;
    • à appliquer, dans le respect des spécificités locales, les choix adoptés d’un commun accord par les Città Slow, et à faciliter les activités de contrôle des personnes missionnées par le mouvement, selon les critères qui seront fixés pour l’évaluation des résultats des initiatives ;à contribuer, en fonction de leur disponibilité, à la coordination du mouvement et aux initiatives d’intérêt général qui seront fixées.

Les villes auront la faculté :

    • d’associer à leur image le logo du mouvement et à se prévaloir du titre de Cittaslow ;
    • d’autoriser l’utilisation du logo pour toutes les initiatives et les activités publiques et privées qui contribuent à atteindre les objectifs du mouvement de participer aux initiatives menées au sein du mouvement, en en utilisant les modèles et les outils, selon les modalités qui seront fixées.

L’activité du mouvement sera coordonnée par des assemblées annuelles au cours desquelles on décidera :

    • des objectifs de l’année et des axes de travail, des critères d’évaluation, et des outils nécessaires pour les mesurer ;
    • des initiatives d’intérêt général et du budget nécessaire à leur application, incluant également les fonds pour les activités de coordination ;

(…)

Orvieto, le 15 octobre 1999