Barcelone réfléchit à l’impact du tourisme…

Lu dans le Monde

A part les les bateaux de croisière qui ne circulent  pas sur l’Aveyron, on pourrait transposer le débat… et le mot “Disneylandisation” est un mot qu’on entend de plus en plus souvent !

Si Barcelone n’était pas une aussi grande métropole, on pourrait suggérer à la mairie de rejoindre le mouvent Cittaslow, cité du bien vivre !

« Le tourisme est un actif qui représente 14 % du PIB de Barcelone, mais il est hors de contrôle, estime Ada Colau. Il a augmenté de 18 % en quatre ans. Cela nous rappelle la bulle immobilière. Nous devons apprendre de nos erreurs et affronter ce débat : quel est le nombre maximal de touristes que la ville peut accueillir, comment répartir la richesse que produit le secteur, réguler les emplois ou l’impact environnemental… On a vu de véritables cas d’exploitation professionnelle. Il y a aussi la question des bateaux de croisière, des résidus qu’ils génèrent et de la pollution des moteurs qui restent allumés à quai. Celle des appartements illégaux, des prix qui flambent, des commerces de proximité remplacés par des franchises qui modifient l’aspect de quartiers entiers… Tout cela risque de détruire l’âme de la ville et nuire au tourisme lui-même. »

« Disneyland »

Dans les rues de Barcelone, les habitants semblent lui donner raison. « La ville est en train de se transformer en Disneyland, affirme Neus Maronas, architecte de formation et serveuse dans un bar du quartier de Ciutat-Vella. Enfin une mesure qui favorise les gens, et pas les hautes sphères. » « Il est temps de mettre Barcelone au service de ses habitants », affirme Antonio Cano, jardinier municipal et habitant du quartier populaire de la Barceloneta, qui a participé l’an dernier aux manifestations contre les appartements touristiques illégaux loués à des jeunes « bruyants, saouls et sales ».

« Le centre est saturé par les touristes », souligne Eloi Marti, propriétaire du Bar del Pi, un établissement historique du quartier gothique situé près de la basilique Santa Maria del Pi, autour de laquelle onze bars se font aujourd’hui concurrence. « La pharmacie, la boutique de jouets et l’antiquaire ont été remplacés par des bars, relève-t-il. Le tourisme ne peut pas dénaturer le caractère original des quartiers. »

Source : Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)

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